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Casques français
 
Deuxième pays, avec les USA, à fabriquer "industriellement" des casques fiables, ils sont au début assez proches des casques Siebe mais rapidement ils auront des caractéristiques techniques typiques et seront exportés dans le monde entier.
Les principaux fabricants sont : Cabirol, Rouquayrol-Denayrouze, Denayrouze, Casassa, Ch. Petit, Scauda, R. Piel.

 
Casque Cabirol 12 boulons " brevet 1860 "
 
Joseph-Martin Cabirol, fabricant de caoutchouc, réalise entre autres des costumes pour plongeurs. En 1855, il présente un équipement complet de scaphandrier dont le casque est très proche de celui de Siebe. Cet équipement amélioré sera adopté en 1860 par la Marine Impériale après de nombreux essais satisfaisants. Son nom reste pour l'Histoire le premier industriel français de matériel pour scaphandriers Pieds-Lourds.

Casque Cabirol 12 boulons "étamé"
 
Sûrement un casque d'expositions, il répond au descriptif du modèle breveté en 1860, il a la particularité d'avoir conservé intact son étamage d'origine et il semble n'avoir jamais été utilisé. La plaque constructeur, soudée postérieurement, est au nom de Charles Ferrus, le successeur de Cabirol.

Casque Cabirol modifié
 
Ce casque Cabirol a reçu des améliorations techniques après 1880 et probablement par la Société Anonyme des Spécialités Mécaniques Réunies (Denayrouze). La principale modification sur ce casque est la manoeuvre de la soupape d'échappement d'air avec la tempe, et aussi l'ajout d'une calotte en cuivre sur le dessus du casque pour le protéger des chocs. La grille du hublot facial a été supprimée.

Masque "groin" Rouquayrol-Denayrouse.
 
En 1865 le masque groin remplace le simple embout buccal et le pince-nez qui équipaient le régulateur dorsal Rouquayrol-Denayrouze depuis sa mise au point en 1864. A l'arrière du masque le serre joint encore présent est bien visible, il permet l'étanchéité de la liaison avec le vêtement mais qui n'est pas en équipression, juste devant se trouvent, de part et d'autre du masque, un crochet et une butée qui servent à la fixation des deux plombs de lestage. Ce nouvel équipement offrait au plongeur une meilleure protection au froid, et aussi une relative bonne visibilité, mais déséquilibré vers l'avant son utilisation restait malaisée.

Masque "groin" Rouquayrol-Denayrouse.

Détails
 
Un autre groin Rouquayrol-Denayrouse dans différentes positions qui mettent en évidence sa position de vision très basse.


 


Casque 3 Boulons A. Denayrouze

Détails
 
En 1867 Auguste Denayrouze remplace le "groin" peu pratique qui équipe le régulateur dorsal Rouquayrol-Denayrouze par un casque innovant à 3 boulons. Sur les premiers casques les grilles des hublots sont conservées, elles sont identiques à celles du groin, mais très vite il ne restera que la grille frontale. Le robinet "cracheur " ou de "sécurité" est encore présent. Ces casques n'ont pas de valve de surpression. Le "plongeur" respire par un embout buccal connecté directement à la sortie du régulateur, son vêtement n'est pas sous pression équilibrée ou en terme actuel, en volume constant. La présence sur ce casque de la connexion d'air arrière, et d'une valve de surpression est due à une modification postérieure. La prise du téléphone acoustique peut être d'origine car cette innovation date de 1873. Dans "détails " on peut voir sur la pèlerine le crochet pour le régulateur dorsal.

Casque 3 Boulons A. Denayrouze
 
En 1873 Auguste Denayrouze, suite au remplacement du régulateur dorsal par un réservoir intermédiaire à la sortie de la pompe à air, modifie son casque 3 boulons : suppression du branchement au régulateur, donc aussi de l'embout buccal, le plongeur respire l'air qui arrive dans le casque et son vêtement est maintenant "un volume constant" offrant une meilleure protection au froid, mis en place d'une soupape d'évacuation d'air actionnée de l'intérieur du casque et surtout au sommet du casque, installation de la prise du téléphone acoustique qui est la première liaison phonique du plongeur avec la surface.
Il conserve encore une légère forme de groin au niveau du hublot central, mais on est proche des formes typiques du casque français.

Le changement…
 
A gauche: Denayrouze 1873-1884 au centre: S.S.M. 1884-1895à droite: C. Petit 1895…. Ils sont photographiés côte à côte sans montage.

Casque 3 boulons, brevet Denayrouze, de fabrication S.S.M.

Détails
 
Ce casque 3 boulons du brevet Denayrouze a très certainement été fabriqué par la Société des Spécialités Mécaniques entre 1884 et 1895 date à laquelle cette société est achetée par Charles PETIT, il possède des particularités du casque Denayrouze 1873, mais par sa taille il est déjà proche du casque C. Petit, quelques éléments et leur position sont différents. Il possède une fontanelle. Il n’a aucun marquage ni leur trace.

Casque Ch. PETIT à 3 boulons.
 
En 1895, Charles PETIT rachète les parts de la société et continue la fabrication du matériel Denayrouze, dont le casque Denayrouze à 3 boulons qui est maintenant finalisé et ne va plus changer pendant quelques décennies…

Casque à 12 boulons plaque " Ch. Petit "...
 
La plaque "Ch. Petit", de plus inhabituellement positionnée, fait poser plus de questions qu'elle donne des réponses sur l'origine de ce casque... avec ses verres convexes, ses hublots ovales, son renfort de plastron, ses attaches "Cabirol"… il n'est pas de lignée "Denayrouze". Malgré son parfait état, c'est un casque très ancien.

Casque Charles Petit 3b "renforcé"
 
Aperçu aussi sur une photographie d'époque, la présence de ce renfort de collerette, comme sur le casque "Sans Boulon" Marine, fait poser des questions… renforcer celle du casque S.B. peut se comprendre pour conserver sa rigidité dans des conditions "militaires" extrêmes, évitant ainsi que les lèvres se voilent, mais sur un casque à 3 boulons, la collerette peut être déformée sans conséquence pour son col, verrouillé solidement par la position de ses 3 boulons.
Ne serait-ce pas simplement des collerettes S.B. Marine, vendues par les Domaines, et modifiées pour recevoir des têtes de casques 3B… à cette époque, rien ne se perdait et les artisans étaient des artistes...

Casque 3b C. Petit "camo"
 
Étonnant casque C.Petit peint aux couleurs de guerre… en réalité un mélange naturel de la couleur cuivre d'origine avec du vert de gris et des taches noires indéterminées…

Casque à crochet Ch. PETIT

Détails
 
En 1889 le fabricant Denayrouze met en service un casque inusité et qui restera typiquement français, le casque "sans boulon". Ce casque a été largement utilisé pour les travaux en petite profondeur. Ch. PETIT et R. PIEL ont construit la grande plus partie de ce type de casque.


Casque à crochet Ch. Petit type "Marine"
 
Modèle adopté par la Marine Nationale, de fabrication C. Petit. Ce modèle typique se caractérise par un solide renfort du plastron.

Casque à crochet "C. Petit et R. Piel" type Marine.

Détails
 
Ce casque a été construit entre 1920 et 1930 avec les deux noms sur la plaque, il est de type Marine, identifiable à son plastron renforcé et ses poinçons.

Casque à crochet "Boutan"

Détails
 
En 1915 Louis Boutan propose à la Marine Nationale un scaphandre autonome qui est un ensemble Pieds-lourds dont le casque Ch. Petit à crochet est modifié pour la connexion du système recycleur d'air. Malgré des essais concluants, la Commission chargée de son étude ne donne pas un avis favorable, non à cause du matériel assez complexe, mais surtout pour son utilisation et entretien qui demande un personnel bien formé, et en pleine période de guerre il y a d'autres priorités…

Casque à crochet expérimental à recycleur

Détails
 
Après la découverte d’un troisième casque de ce type, marqué Ch. Petit & R. Piel, avec les poinçons Arsenal Marine National, et par d’étude détaillée de ce casque, tout laisse penser à l’expérimentation d’un recycleur… certainement sur le principe Boutan, testé peu d’années avant… par l’absence de tout injecteur et par ses branchements latéraux spécifiques, son fonctionnement ne peut être que par embout buccal ou groin, la commande interne de la valve de surpression n’existe pas d’origine, mais celle manuelle externe est présente. L’équilibre avec la pression externe, du vêtement et du casque, doit se faire par une bouteille d’air comprimé branchée à gauche du hublot central, comme sur les casques Draeger DM 20 et 40.
A ce jour aucune photo de l’ensemble de l’équipement ou information sur cette expérimentation ne sont connues, certainement classée secret à l’époque, elle n’est pas passée publique…
N’hésitez pas de nous contacter pour toutes informations correctives ou complémentaires.

Casque Ch. PETIT 12 boulons
 
Charles PETIT proposera un casque 12 boulons au début du siècle seulement, sûrement pour faire la "relève" des casques Cabirol et pour contrer en France la concurrence des casques 12 boulons anglais. Il sera assez peu utilisé.on trouve pourtant ce très beau casque sur de nombreux catalogues de vendeurs étrangers ainsi que sur celui du fabricant Morse & Son de 1917.

Casque R.Piel 12 boulons Grosse Tête.
 
A partir de 1930, les casques 12 boulons Ch. Petit ont continué à être fabriqués en petite quantité avec la plaque constructeur R.Piel. Ce modèle est du type Grosse Tête, en effet son volume est comparable aux casques 3b du type Denayrouze.
Les écrous papillons du casque présenté ne sont pas d'origine.


Casque R. PIEL 12 boulons Type "Léger"
 
Ce casque de fabricant R. Piel est du type "léger". Sobre, de petite taille, Il ne pouvait pas recevoir d'équipement téléphonique. Peu courant avec le marquage Piel, il a été surtout fabriqué par C. Petit. C'est le dernier casque 12 boulons français.

Casque R. PIEL 3 boulons
 
Casque de type Denayrouze, il a été fabriqué aprés 1930 par René Piel comme indiqué sur sa plaque en aluminium. Ce casque porte le poinçon de la Marine nationale. Les variantes pouvaient concerner :
-le type de plaque : en cuivre ou en aluminium ; cette dernière étant réservée au matériel destiné aux administrations ;
-le marquage : "Charles Petit" ou René Piel";
-la prise téléphonique : électrique ou acoustique.
C'est le plus classique des casques français.

Casque à crochet R. Piel
 
Avec plaque aluminium "René Piel". Ce genre de casque typiquement français, était réservé aux plongées à faible profondeur. Il permettait de s'équiper assez rapidement. On retrouve les mêmes variantes que celles du 3B.

Casque de type C. Petit 3b en acier.

Détails
 
Ce casque a été longtemps considéré comme une ‘œuvre de maîtrise’ par de nombreux collectionneurs et nous-mêmes… mais nous avons depuis peu, la confirmation que ce type de casque a bien été fabriqué par les établissements Petit/Piel, il y a trois casques 3 boulons et un à clampage connus à ce jour, dont l’un deux proviendrait de la liquidation des établissements Bernard Piel en 1965… Leurs pèlerines sont en cuivre, l’un des trois casques 3 boulons n’a jamais été utilisé, et la tête est recouverte d’une peinture de protection de couleur cuivre… les autres sont usagés et ont l’acier à nu avec d’anciennes piqûres de rouille.
Il reste encore la question de la période de leur fabrication… il serait logique de penser au cours de la WW2 et après guerre, suite à la pénurie de cuivre, mais la présence du téléphone acoustique, longtemps abandonné à cette époque, peut laisser des doutes…

Casque Scauda 12 boulons "standard"
 
Ce fabricant régional marseillais, au début du siècle, modernisait aussi les "vieux" casques on retrouve sa "signature" sur quelques Cabirol transformés… mais malgré son manque de plaque constructeur, son casque 12b standard est très typique. Sur le casque présenté, la grille du hublot frontal a été rajoutée.

Casque Scauda à 12 boulons "Expositions"

Détails
 
Rare modèle d'expositions, en effet le modèle standard ne possédait pas de plaque constructeur. Joseph Scauda fabriquant à Marseille avait surtout une clientèle régionale, ses casques de petits volumes et de grandes luminosités étaient appréciés par leurs utilisateurs.

 


Casque Scauda 12 boulons.
 
Ce casque Scauda est bien représentatif de l'état d'origine de ce modèle.

Casque Scauda 3 boulons

Détails
 
Sa tête est proche, mais d'un volume un peu plus important que celle du Scauda 12 boulons et comme lui, il n'a pas de plaque constructeur, ni aucun autre marquage. Son hublot central a un axe de pivotement pour une vitre teintée de soudeur, elle se verrouille sur l'un des deux doigts du hublot.
Ce casque très peu diffusé est pourtant proche du casque Denayrouze 3 boulons, mais sans aucune interchangeabilité... qui lui a connu une large utilisation.

 


Casque Casassa 3 boulons

Détails
 
Peu de renseignements sur ce constructeur F. Casassa à Pantin, mais son activité doit être plus ancienne que l'on suppute habituellement, en effet une facture de la Manufacture de Charenton le Pont est à son en-tête, et porte sa signature, elle indique Emploi général de caoutchouc. Elle date de 1860. Une autre un peu plus tardive, de 1867, encore signée de F. Casassa, possède deux ancres de marine dans son en-tête, cette facture concerne des pièces moulées adressées à un Maître de Forges… plus tardivement, en 1900, l’extrait d’un catalogue de Matériel d’incendie et de sauvetage est au nom de F. Casassa Fils et Cie, usine à Pantin, rue Jacquart… adresse que l’on retrouve sur la plaque des casques.
A notre connaissance aucun document ou catalogue concernant le matériel de scaphandrier Pieds-Lourds au nom de Casassa n’a été encore rencontré à ce jour…
Le casque trois boulons Casassa est de facture classique Denayrouze. Identifier vraiment un casque Casassa à sa plaque constructeur n'est pas la meilleure solution… on en trouve avec des plaques rectangulaires, ovales, sans plaque et même avec des plaques Ch. Petit ou R. Piel… la compatibilité du casque et de leur collerette avec la fabrication C. Petit a favorisé aussi les mélanges et leur absorption par le nombre… La plaque constructeur ovale reste certaine, mais la certitude pour identifier le haut du casque est son hublot frontal, dont les grilles, épaisses, sont soudées et se croisent en forme de patte d'oie. Voir détails.


 


Casque Casassa à crochet type Marine

Détails
 
Il reprend toutes les caractéristiques du casque Denayrouze à crochet de type Marine, la présence des poinçons de la Marine Nationale, prouve la fourniture de matériel Casassa à la Marine Française.

Casque français 10 boulons de fabrication artisanale.

Détails
 
Fabriquée, en partie, à l’aide certainement de pièces détachées Charles Petit, cette étonnante réalisation montre un manque de connaissance physiologique et d’expérience pratique sur la plongée en casque lourd de son concepteur…
Certainement une pièce unique, réalisée dans les années 1920. Ce casque n’apparaît dans aucune revue technique ni gazette pourtant friandes à cette époque de toute ‘nouveauté’ sur le monde sous-marin…
Il reste quand même un très beau casque et de belle fabrication.
N'hésitez pas de nous renseigner en cas d'informations…

Casque 12 boulons "Vermorel-Villefranche"

Détails
 
Le premier casque rencontré avec ce marquage nous l'avons immédiatement catalogué comme un montage… ce casque 12b, 3 hublots était sans aucun doute possible un casque coréen des années 50, en très bon état… sur lequel était fixé une belle plaque constructeur pouvant faire le passer comme français. À la deuxième demande d'identification, reçue sans photo, nous avons pensé que c’était le même casque qui faisait son tour de France et de Navarre, chose courante pour les bidouilles… La troisième identification, avec une photo différente du premier casque, nous a laissé songeur et fait poser de nombreuses questions… sans réponses de la part de nos "passionnés d'archives et de vieux papiers" et il était peu probable qu'un fabricant ou importateur leur ait échappé, il restait la piste "Vermorel – Villefranche" et là nous avons découvert une histoire industrielle étonnante, sans aucun rapport avec la plongée, mais avec l'agriculture, et la fabrication de machines agricoles, je vais faire court en esquivant la construction de voitures automobiles, celle de pompiers et aussi de la recherche sur certains parasites des vignes… pour arriver au matériel d'épandage de produit "chimique" et là "tilt" il suffit d'avoir croisé un jour une ces citernes sur roues motrices en cours de pulvérisation..., et conduite par un astronaute… pour faire un rapide rapprochement. Victor ou Henry Vermorel avait-il mis en service un équipement de protection chimique, sur la base d'un casque coréen ?
Mystification, comme le pensent de nombreux collectionneurs, ou matériel agricole… la polémique est ouverte, n'hésitez pas d'argumenter si vous avez des éléments disponibles.
22/09/05- Avec les dernières photos reçues la mystification est certaine, en effet c'est toujours la même plaque, donc le même casque qui "tourne" depuis des années, on parle même de 10 ans… sur la plaque il est bien indiquée "pression" puis on arrive à lire "maxi"… et "8" le reste est bien limé, ne pouvant concerner la pression du casque… on peut penser à la pression d'une pompe, spécialité aussi de Vermorel… il faut chercher maintenant une pompe "Colibri"…

 


Casque 12 boulons "Colibri". Confirmation d'une mystification…
 
Fin 2010, Patrick, le trésorier de HDS France, nous indique la vente d'une pompe pulvérisateur "Colibri" sur Ebay et sans grande surprise nous découvrons qu'elle a une plaque identique à celle du casque "Colibri"…
Depuis cinq ans nous n'avons plus entendu parler de ce casque… et pour éviter encore toute arnaque nous allons le laisser, avec son histoire, en dernière place dans cette rubrique...

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