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Fabricants italiens
 
Une étude auprès des archives de la Marine a permis de mettre en évidence des marchés passés avec les Anglais et la France pour équiper la Marine italienne. Quelques manuels anciens décrivent les équipements SIEBE, HEINKE mais aussi DENAYROUZE. Le manuel des « Torpilleurs de 1885 » est un parfait guide de recommandations sur ces équipements. A priori, ce sont ces premiers matériels qui auraient été utilisés par les scaphandriers de la Marine. La synthèse chronologique ci-dessous permet de voir l’évolution du matériel dans la Marine Italienne :
1849-1878 : Matériel HEINKE
1870-1898 : Matériel DENAYROUZE – ROUQUAYROL
1898-1905 : Matériel SIEBE & GORMAN adapté à la pompe à volant DENAYROUZE ; fin 1900 la Marine adopte la pompe anglaise.
1905-1939 : Premier type de matériel standardisé italien sur conception anglaise comportant certaines modifications mineurs. Italo Zannoni et quelques petites entreprises vont être les seuls fournisseurs.
1939- à nos jours… : Second type de matériel, avec le Mle 1905 modifié construit par SALVAS, GALEAZZI, SIAS, IAC etc.
Italo Zannoni est la première société officielle italienne pour les matériels de scaphandre. Il importe le matériel Anglais S&G, et devient agent officiel S&G pour l’Italie. Puis il met en place une certaine standardisation des équipements, et en 1905 il définit clairement avec la Marine le casque Mle 1905 (Il s’agit du casque 12B de type S&G). Ce standard restera jusque dans les années 1940 où le standard 1905 évoluera (entre 1933 et 1939) avec des hublots latéraux ronds que nous connaissons bien. On parle donc des standards 1905 premier type et second type.

Merci à Jean-Patrick Paszula de partager ses connaissances sur le matériel italien et pour cette étude en partie traduite de l’ouvrage Palombari della Marina Militare 1849-2009.

 
Livres recommandés
 
Palombari della Marina Militare 1849-2009 - Fabio Vitale et Gianfranco Betro - 2009
Immersioni - Faustolo Rambelli - 2008
Subacquea - Faustolo Rambelli - 2006

 
ITALO ZANNONI :

 
Société fondée en 1901 dont le siège est à La Spezia (6 place Vittorio Emanuele, puis transférée le 25 août 1928 au 3 Via Don Mizoni toujours à La Spezia)et inscrite à la chambre de commerce avec la mention « Matériels pour scaphandriers ». Au début ils avaient le mandat exclusif d’agent général pour l’Italie pour la société Siebe Gorman, puis sont devenus société de construction de scaphandre. Il semble donc que c’est la plus ancienne entreprise répertoriée de scaphandre. La collaboration avec SG dura jusque dans les années 1930, en particulier à cause de la licence de construction de l’appareil subaquatique Davis pour l’évacuation des sous-marins. Les activités de l'entreprise Italo Zannoni ont cessé complètement (à la fois dans la production, et la commercialisation), le 1er octobre 1934. Le 23 avril 1936, Italo Zannoni apparaît comme président et chef de l'entreprise SIAS. Le commandant BELLONI écrit dans son journal que la SIAS est à l’origine une entreprise formée par ITALO ZANNONI et Siebe&Gorman.

SIAS : Società Italiana Apparecchi Salvataggio (Société Italienne d’Appareil de Sauvetage)

 
Cette société a été fondée en tant que Société Italienne d’Appareils de sauvetage, le 23 avril 1936. Le Commandant Belloni dans son journal, explique que la SIAS aurait été partenaire de ITALO ZANNONI et PIRELLI. Aucune trace écrite d'une précédente SIAS dont l'acronyme doit signifier la Société italienne d'équipement S & G, qui est toujours signalée par Belloni. L’intégration de SIAS chez PIRELLI n’est pas évidente, mais dans un catalogue de matériel SIAS, on verra du matériel avec le marquage "SIAS - LA SPEZIA" et sur la couverture du même catalogue le marquage dit : "SIAS avec siège social MILAN », ville de PIRELLI CQFD !! L’union de S&G avec SIAS est bien prouvée, car dans tous les catalogues SIAS, les matériels S & G y sont proposés. D'ailleurs, Italo Zannoni a formé la SIAS en 1936 mais ZANNONI a été auparavant l’agent général pour l'Italie de la S&G, la filiation devient évidente.

Officine Francesco LONGOBARDO :
 
Cette entreprise n’a été découverte que lorsqu’un collectionneur italien a trouvé un casque 12 boulons d’un look inattendu. Un rapprochement avec une photo ancienne sur laquelle des militaires italiens posaient avec des casques, a permis d’avoir une certitude sur l’origine. La société a été fondée le 6 février 1924 à La Spezia ; son siège social « Viale San Bartolomeo ». C’était une société de mécanique qui avait décidé de prendre une exploitation de brevet pour la fabrication de casques de scaphandrier. La société LONGOBARDO cesse d’exister le 6 novembre 1926. Le nom de la société à Francesco LONGOBARDO devient le 9 décembre 1930, la SNC LONGOBARDO & PROJA. Francesco LONGOBARDO est né le 3 décembre 1870 à Meta di Sorrento (Commune du sud de l’Italie vers Naples). Très peu d’informations ont pu être recueillies sur cette entreprise, car la découverte est récente et peu de matériel sont connus ; affaire à suivre !!

SALVAS : Società Anonima Lavorazioni Varie Apparecchi Salvataggio

 
Société Anonyme de Fabrication variée et d’Appareil de Sauvetage.
Au début 1900 la Salvas se consacre à la production de chaussures avec un département spécialisé dans la fabrication de semelles en caoutchouc ; une activité en plein essor au cours de la période de révolution industrielle italienne. Au cours des années1930, Salvas se spécialisera dans la fabrication de combinaisons et matériels de plongée et commencera la production d'équipements pour les scaphandriers. Le siège se trouve sur la « Via Ridolfino Venutti 10 » quartier Silicella de Rome, et sera transféré pendant la guerre rue Casalina et plus tard à Castelnuovo Scrivia, dans la province d'Alessandria où il se trouve toujours. Très peu de casques Mod 1905 premier Type sont produit par Salvas, cela confirme son entrée tardive dans le secteur. En dépit de cela, la SALVAS deviendra un des principaux fabricants de matériel de plongée et continuera à produire des équipements de scaphandriers et plongeurs, même après la guerre en mettant à profit l’expérience pour produire des appareils respiratoires à oxygène. Entre les années 50 et 60 elle sera également l'un des leaders italiens pour le matériel de plongée sportive.

GALEAZZI :

 
Roberto GALEAZZI est né à Livourne le 30 avril 1882 ; il a été une génération plus jeune qu’ ITALO Zannoni. mais a exercé une activité commerciale beaucoup plus difficile, la conquête des profondeurs au-delà des limites imposées par l ' «utilisation normale du scaphandre classique. La date officielle de création de la société est le 1er Mai 1936 au 19-27 Via Oldoini à La Spezia, mais en réalité GALEAZZI a travaillé pendant plusieurs années (au moins depuis 1930) dans un bâtiment situé sur la Via 20 Settembre. Des photos ont été trouvées dans un journal de 1931 montrant une tourelle butoscopique en construction. Quelques années avant 1926, il déposa un brevet de sa structure sphérique révolutionnaire, très résistant à la pression, étudié pour un sous-marin de nouvelle génération. Il l’ a ensuite appliqué aux tourelles butoscopiques et scaphandres rigides articulés de sa construction. Dans le domaine de l'équipement du scaphandrier il est un des plus grands noms, s’ imposant dès le départ avec son casque Mod.1905 deuxième type appelé dans ses catalogues Modèle Marina. Il est la seule société à proposer différents modèles de casques et eu beaucoup de succès dans le domaine des pompes pour scaphandre. Il fut aussi le premier fabricant italien d'installations hyperbares. La société GALEAZZI fut reprise par Giancarlo BARTOLI, gendre de R. GALEAZZI, qui perpétua la tradition avec le nom « PROTECO SUB » dans un atelier dans la banlieue de la Spezia.


 


Officine Giuseppe BOSI :

 
Très peu d’information sur cette société. Il est certain qu’elle faisait partie de ce groupe de petites entreprises artisanales ayant eue un grand essor dans la période entre les deux guerres. L’adresse est lisible sur sa plaque : PEGAZZANO, petit village près de La Spezia. D'une manière générale, les casques sont d’une inspiration Siebe&Gorman certaine. On pourrait même penser à des importateurs ayant simplement changé les plaques fabriquant ; n’oublions pas qu’à cette époque nous sommes en pleine montée du nationalisme italien et qu’il ne serait pas de bon ton de voir une marque de fabrication étrangère sur un produit de la sorte.

COREM :
 
Très peu d’informations aussi sur cette société, si ce n’est que l’on retrouve sa plaque sur certains casques, l’adresse : Via Giovanni Bosco & Canaletto à La Spezia. COREM s’annonce comme société de construction et réparation pour matériel de scaphandrier. Certainement un autre importateur.

IAC :
 
Società per l’Industria Articoli Caoutchouc (Société pour l’Industrie d’Article en Caoutchouc)
IAC est une entreprise spécialisée dans la fabrication de caoutchouc dont le siège est à Tivoli, près de Rome. Elle est concurrente de la SALVAS. Débutant par la production de semelles en caoutchouc, ils se convertissent très vite dans la production de masques à gaz et appareil respiratoire à oxygène destinés à la plongée, le tout sur les recommandations du Cdt BELLONI. IAC va produire quelques casques de scaphandre bien reconnaissable, mais aucune certitude (car pas de trace écrite) quant à une grande production. Quelques casques ont une plaque fabriquant, mais la plupart des casques retrouvés n’en ont pas. Souvent ces casques possèdent des poinçons de grandes entreprises de construction navale (O.T.O ou C.R.C), ce qui signifie quand même que des marchés ont été passés régulièrement.

Giuseppe GABANNA : Costruzioni metallurgiche per palombari
 
Située à Turin 11 via Frejus, l’entreprise Gabanna, composé de Joseph et d’un autre frère, se serait intéressée à la construction d'équipements sous-marins suite à une demande spécifique de la Marine faite par le Cdt Cuniberti, originaire de Turin et passionné par la plongée. Ces faits datent de 1922. En effet, il est prouvé que les ateliers Gabanna ont conçu et construit, un casque très spécial et un scaphandre rigide articulé. Le marquage sur la plaque de casque « CRM » indique un marquage militaire. En regardant le casque, on devine le génie et l’habileté du constructeur, avec ce montage si unique et spécial des hublots donnant une visibilité exceptionnelle. L’usine GABANNA a été détruite pendant la 2e guerre mondiale et les archives sont difficiles à retrouver.

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